Les carnets de voyage de Mathieu Lavant

Les joueurs de toupie chinoise

Lorsqu’on se promène dans les parcs et les squares de Zhanjiang, on croise toutes sortes de gens ; des gens qui flânent ou se promènent comme vous et moi, des groupes de collégiens qu’on reconnaît de loin avec leur veste de survêtement blanc et bleu et puis des collégiennes qui vont par groupes de deux ou trois et qui attendent de vous avoir dépassé pour se mettre à pouffer et vous lancer un « hello, how are you ? », timide mais néanmoins sonore.

Il y a aussi ces retraités qui viennent faire de l’exercice ; certains se contentent de marcher d’un bon pas, alors que d’autres se frappent en cadence, les bras ou l’estomac (c’est bon pour la circulation, paraît-il), ou bien plus simplement marchent à reculons. Il y a bien sûr tous les adeptes du tai-chi, mais ceux-la on les croise plutôt le matin, dès l’aube, ou le soir après le diner.

Enfin, avec un peu chance, on tombera sur des joueurs de toupie chinoise, comme j’en ai rencontrés lors d’une récente balade. Je remontais le long du canal vers un square où j’avais repéré la veille un groupe de musiciens amateurs qui jouait des airs traditionnels avec plus ou moins de brio. Mais ce jour-là, c’est le claquement d’un fouet qui a attiré mon attention, et j’ai découvert en m’approchant un homme qui faisait tourner une grosse toupie en bois à coups de fouet. La toupie devait faire une vingtaine de centimètres de haut et l’homme la maintenait en rotation, en la frappant régulièrement à l’aide d’un fouet de plus de deux mètres de long.

Un joueur de toupie chinoise dans un square de Zhanjiang

Un joueur de toupie chinoise dans un square de Zhanjiang

Intrigué, je me suis arrêté pour observer la scène et j’ai demandé à l’un de ses amis où on pouvait acheter ce genre de toupie Il m’a répondu qu’il ne l’avait pas acheté. Mais comme en chinois, les verbes acheter et vendre se prononce de la même façon (à un ton près), j’ai pensé qu’il avait mal compris ma question ou bien que j’avais mal compris sa réponse. Bref, de retour à la maison, j’ai consulté le Web pour essayer d’en savoir plus sur cet objet curieux. Peine perdue, car mes recherches sur le thème « toupie chinoise » m’ont mené vers le Kamasutra qui naturellement n’a rien à voir avec le sujet qui m’intéressait.

Le lendemain, je suis donc retourné voir mes joueurs de toupie, en espérant qu’ils seraient encore là. Et comme ils étaient là, j’ai pu apprendre les premiers rudiments de ce sport. Car contrairement à ce que ce qu’on pourrait imaginer, c’est une activité très physique. Après m’avoir montré le maniement du fouet, un des joueurs a lancé la toupie et m’a tendu le fouet. Sous le regard d’une petite foule croissante de curieux, je me suis alors mis à l’ouvrage. Bien entendu, mes premiers coups de fouet on frappé dans le vide, mais assez rapidement, j’ai pris le coup et réussi à relancer la toupie avant qu’elle ne se mette à vaciller. Reste à apprendre à lancer la toupie, et là ce n’est pas encore gagné. Mais c’est une question de pratique.

Une réponse à Chroniques de Zhanjiang 06

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A propos de ce blog

En 2009, lors de notre premier voyage au Vietnam, j’avais créé un blog nommé « 100 jours au Vietnam » qui, suite à une fausse manip de ma part, a disparu de la blogosphére. Le temps de réaliser mon erreur, il était trop tard pour tenter de récupérer quoi que ce soit !
Début 2013, à l’occasion d’un nouveau voyage en Asie, j’ai donc décidé de relancer ce blog, en prenant cette fois la précaution de sauvegarder tous mes textes originaux, et c’est ce blog qui est à présent en ligne et que j’alimente régulièrement depuis que je suis installé en Chine.

Bonne lecture
Mathieu Lavant